Risk manager : une fonction au cœur des enjeux actuels des entreprises

Pendant longtemps, la gestion des risques a principalement été associée à des sujets de conformité, d’assurance ou de contrôle interne. Une fonction souvent perçue comme technique, parfois éloignée des enjeux opérationnels et stratégiques des directions générales.

Le contexte actuel change profondément cette réalité : cyberattaques, tensions géopolitiques, dépendances technologiques, exigences ESG, développement de l’intelligence artificielle… Les entreprises évoluent désormais dans un environnement où plusieurs risques peuvent se matérialiser simultanément.

Dans ce contexte, la fonction de risk manager change progressivement de dimension. Elle ne se limite plus à une approche de contrôle ou de conformité, mais s’inscrit désormais dans une logique beaucoup plus stratégique mêlant coordination, anticipation, arbitrage et sécurisation des activités.

Le risk management : une fonction à 360°

Les entreprises ont toujours été confrontées à des risques. Ce qui change aujourd’hui, c’est leur niveau d’interconnexion et leur vitesse de propagation.

Une faille cyber peut interrompre une activité en quelques heures. Une crise géopolitique peut fragiliser une chaîne d’approvisionnement mondiale. Une évolution réglementaire peut imposer, en quelques mois, de nouveaux standards de conformité ou de reporting.

Cette accumulation de risques impacte directement le rôle des directions générales et fait des enjeux de continuité d’activité de véritables sujets de pilotage.

Le risk manager apparaît alors comme une véritable “tour de contrôle”, capable d’apporter une vision globale des vulnérabilités de l’entreprise tout en coordonnant les réponses à mettre en œuvre.

Son rôle ne se limite plus à produire une cartographie des risques. Il doit également accompagner les équipes opérationnelles, structurer les dispositifs de prévention, coordonner les plans de continuité et participer aux arbitrages liés aux projets stratégiques de l’entreprise.

Cette évolution explique pourquoi la fonction gagne progressivement en importance dans les organisations. Les risk managers siègent de plus en plus fréquemment dans les comités de direction ou les comités des risques, avec une proximité renforcée avec les directions générales et financières.

Les PME et ETI de plus en plus concernées

Cette montée en puissance du risk management ne concerne plus uniquement les grands groupes. Les PME et les ETI sont elles aussi confrontées à la complexification de leur environnement.

Dans de nombreuses organisations, la gestion des risques reste encore répartie entre plusieurs fonctions : la direction financière pilote certains sujets de conformité ou de contrôle interne, la DSI gère les enjeux cyber, les RH traitent les problématiques sociales, tandis que les sujets ESG ou réglementaires sont souvent abordés de manière plus diffuse.

Mais à mesure que l’entreprise se développe, les limites apparaissent rapidement et le sujet devient avant tout organisationnel.

Dans le même temps, les directions générales ont besoin d’une vision plus globale de leurs vulnérabilités, mais aussi d’une capacité à structurer des dispositifs de prévention, de continuité et de pilotage plus cohérents.

Toutes les entreprises n’ont évidemment pas besoin d’un risk manager à temps plein. En revanche, beaucoup atteignent des phases de développement où elles ont besoin d’un regard expérimenté capable d’accompagner des projets sensibles ou de coordonner des problématiques devenues transverses.

Cette réalité se retrouve particulièrement dans les contextes de croissance rapide, d’internationalisation, de transformation digitale ou encore de structuration ESG, lorsque les organisations doivent évoluer plus vite que leurs modes de fonctionnement historiques.

La transversalité au cœur de l’expertise

Cette évolution transforme également le profil même des risk managers, dont la fonction devient de plus en plus hybride.

Les entreprises recherchent désormais des profils capables d’appréhender des enjeux financiers, réglementaires, technologiques et opérationnels dans une même logique de pilotage.

Les sujets liés à la cybersécurité, à la data, à la conformité ESG, à la supply chain ou encore à l’intelligence artificielle imposent une lecture beaucoup plus globale des risques.

Le risk manager devient alors un coordinateur transverse capable de faire dialoguer des fonctions qui, historiquement, travaillaient souvent en silos.

Cette capacité à créer des passerelles entre les métiers devient essentielle dans des organisations où les risques sont à présent interconnectés.

La fonction évolue ainsi progressivement d’une logique de contrôle vers une logique beaucoup plus stratégique d’anticipation et d’aide à la décision.

Adopter une logique de résilience plus que de conformité devient clé

Pendant longtemps, les politiques de gestion des risques répondaient principalement à des obligations réglementaires. Aujourd’hui, elles sont un levier de résilience organisationnelle. Les entreprises ne doivent plus seulement chercher à “couvrir” les risques, mais à préserver leur capacité à fonctionner dans un environnement de plus en plus instable.

Cela suppose des dispositifs de gouvernance plus structurés, une meilleure circulation de l’information, des capacités d’anticipation renforcées et une coordination beaucoup plus forte entre les différentes fonctions de l’entreprise.

Le risk manager devient alors un facilitateur de cette transversalité.

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